Psalm 119
Vers 1
Heureux celui qui, par un juste choix,
S'abstient du mal, et vit dans l'innocence;
Qui, craignant Dieu, se soumet à ses lois!
Heureux celui qui, dans son alliance,
Garde avec soin ses statuts précieux,
Dont il a fait son unique science!
Vers 2
Loin de se plaire à des faits odieux,
Le juste marche, ainsi que Dieu l'ordonne,
Dans le chemin qu'il nous montra des cieux.
Tu veux, Seigneur, qu'en ce monde on s'adonne
À se former sur ton commandement,
Et que ta loi jamais on n'abandonne.
Vers 3
Mais par ta grâce, ô Dieu juste et clément,
Guide mes pas où ta voix me convie,
Sans que de toi je m'éloigne un moment.
Nul déshonneur ne troublera ma vie,
Si mon esprit, en ta voie arrêté,
De t'obéir ne perd jamais l'envie.
Vers 4
D'un cœur ouvert je dirai ta bonté,
Si tu me fais la grâce de comprendre
Te jugements toujours pleins d'équité.
C'est là le but où mon âme veut tendre;
Mais j'ai besoin, dans mon infirmité,
De ton secours, sans qu'il se fasse attendre.
Vers 5
Les jeunes gens veulent-ils s'amender?
Dans ce dessein qu'ils prennent pour adresse
Ce qu'il te plut en ta loi commander.
Pour moi, Seigneur, je te cherche sans cesse;
Mais je pourrais m'égarer aisément,
Si tes conseils n'appuyaient ma faiblesse.
Vers 6
J'ai dans mon cœur, gravé profondément
Tes ordres saints, pour ne plus te déplaire,
Et j'ai tâché de vivre saintement.
Ton nom est grand, partout on le révère,
Et sous ta main tout est humilié.
Rends-moi savant dans ta loi salutaire.
Vers 7
Ma voix, Seigneur, a toujours publié
Les jugements de ta bouche équitable,
Sans que j'en aie un seul point oublié.
Ta discipline et ta loi véritable
Ont fait ma joie et mon bien le plus cher,
Rien ici-bas ne leur est comparable.
Vers 8
À tes édits je saurai m'attacher;
Et si j'en ai la pleine connaissance,
Dans tes sentiers on me verra marcher.
On me verra les suivre avec constance,
Et rien, jamais, ne pourra m'arracher
Le souvenir de ta sainte alliance.
Vers 9
Répands tes dons sur moi, ton serviteur;
Ranime, ô Dieu, ma languissante vie;
Je garderai te lois de tout mon cœur.
Rends la lumière à ma vue affaiblie;
Sur tes édits j'attacherai mes yeux,
Pour contempler ta grandeur infinie.
Vers 10
Comme étranger je voyage en ces lieux,
Sers-moi de guide, et quelque part que j'aille,
Conduis mes pas dans le chemin des cieux.
Soir et matin mon esprit se travaille;
Et sur ta loi veillant incessamment,
Je crains qu'enfin le cœur ne me défaille.
Vers 11
Tu maudits ceux qui pèchent fièrement
Contre le culte où ta loi nous engage,
Et qui sont sourds à ton commandement.
Sauve-moi donc de la main qui m'outrage,
Et du mépris que je souffre pour toi;
Quand à toi seul on me voit rendre hommage.
Vers 12
Les grands ont ri des maux où je me vois,
Sont-ils ensemble, ils ne peuvent s'en taire,
Tandis, Seigneur, que je pense à la loi.
Mais cependant, je veux toujours m'y plaire;
C'est le conseil que je tiens près de moi,
Pour m'en servir au temps le plus contraire.
Vers 13
Je suis, hélas! sur le bord du tombeau;
Fais-moi sentir l'effet de ta promesse,
Et de mes jours rallume le flambeau.
Souvent, Seigneur, en pareille détresse,
À mes soupirs tes soins ont répondu;
Fais que ta voix m'instruise et me redresse.
Vers 14
Dès que j'aurai clairement entendu
Ta volonté que ta loi nous présente,
À t'obéir j'aurai l'esprit tendu.
Tu vois mon âme, et triste, et languissante,
Je n'en puis plus; veuille me rassurer,
Par ta parole efficace et puissante.
Vers 15
Dans cet état où je puis m'égarer,
Que ta clémence à mon secours envoie
Un feu divin, qui vienne m'éclairer.
Je veux choisir la sûre et droite voie;
Et mon esprit à tes lois attaché,
Sans plus tarder, va les suivre avec joie.
Vers 16
De les garder, avec soin j'ai tâché;
Ne permets pas, Seigneur, qu'en ta présence
Je sois confus pour t'avoir recherché.
Tu te plairas à ma persévérance,
Lorsque mon cœur, des faux biens détaché,
Aura reçu de toi sa délivrance.
Vers 17
De tes statuts, qui font tous mes souhaits,
Daigne, Seigneur, le droit chemin m'apprendre;
J'y marcherai constamment désormais.
Accorde-moi le don de les comprendre,
Et, m'efforçant à bien les retenir,
Je tâcherai de ne plus m'y méprendre.
Vers 18
Conduis mes pas, et fais-moi parvenir
Au droit sentier d'une vie innocente;
Seul il me plaît, et je veux m'y tenir.
Fléchis mon cœur par ta vertu puissante;
Qu'à te servir mes désirs soient bornés;
Et que jamais nul faux bien ne me tente.
Vers 19
Des vains objets que mes yeux détournés,
Soient attentifs à conduire ma vie
Par les conseils que tu m'auras donnés.
Sur ta parole, ô Dieu, je me confie;
Confirme-la par des succès heureux;
Et que ta main toujours me fortifie.
Vers 20
On me prépare un opprobre honteux;
Mais j'ai recours à ton trône équitable;
Ne me sois pas un juge rigoureux.
À ta promesse, à ta loi véritable,
Mon cœur s'attend, j'y borne tous mes vœux;
Fais-moi revivre, et sois-moi favorable.
Vers 21
Viens, par ta grâce où mon espoir j'ai mis,
Me retirer des dangers de ce monde;
Viens accomplir ce que tu m'as promis;
Afin qu'aussi les méchants je confonde,
Par qui je suis à toute heure insulté,
Sur ce qu'en toi tout mon espoir se fonde.
Vers 22
Qu'ainsi toujours ta ferme vérité
Soit dans ma bouche, et que je m'en souvienne;
Dans tous mes maux je m'y suis arrêté;
Que jusqu'au bout, Seigneur, je la maintienne;
Et qu'en tout temps, fidèle à mon devoir,
Ma volonté se conforme à la tienne.
Vers 23
Fais-moi sentir de tes lois le pouvoir,
Je marcherai dès lors en assurance,
Et je mettrai ma gloire à les savoir.
À haute voix, et plein de confiance,
Devant les rois, Seigneur, j'en parlerai,
Sans m'effrayer de leur vaine puissance.
Vers 24
De tout mon cœur, je me réjouirai
Dans cette loi, que tu nous as laissée;
Je la chéris, et je l'observerai.
À t'exalter j'aurai l'âme empressée;
Avec plaisir ta voix j'écouterai,
Pour te servir d'effet et de pensée.
Vers 25
Tu sais, grand Dieu, que tu me l'as promis;
À moi, Seigneur, qui, depuis ta promesse,
Espère en toi d'un cœur humble et soumis.
C'est cet espoir qui soutient ma faiblesse,
Qui me fait vivre, et me rend la vigueur,
Quand mon esprit est saisi de tristesse.
Vers 26
Les orgueilleux ont ri de ma langueur
Et blasphémé contre ton alliance;
Mais sans pouvoir en détourner mon cœur.
Je me souviens de ta juste vengeance,
Dont autrefois ils sentirent l'effet;
Ce souvenir adoucit ma souffrance.
Vers 27
Je tremble encore, pensant à leur forfait.
Leur folle humeur de ta loi s'est lassée,
Pour aggraver tout le mal qu'ils ont fait.
Mais moi, Seigneur, loin de l'avoir laissée,
Dans mon exil, dans mes plus grands ennuis,
J'ai, par mes chants, ta parole annoncée.
Vers 28
Je la médite, et les jours et les nuits,
Pensant à toi, marchant devant ta face;
Tout accablé, tout faible que je suis,
Je veux, Seigneur, soutenu par ta grâce,
Et sous tes yeux, autant que je le puis,
De tes sentiers suivre toujours la trace.
Vers 29
C'est mon partage, ai-je dit, ô Seigneur,
C'est tout mon soin de garder ta parole;
Seule elle fait ma gloire et mon bonheur.
Que ta pitié m'exauce et me console;
Tu l'as promis, et même avec serment;
Et ton serment ne peut être frivole.
Vers 30
À tous mes pas je veille incessamment;
Et par mes soins, je m'efforce à me mettre
Au droit chemin de ton commandement.
Je n'ai voulu ni tarder, ni remettre;
À tes édits mon esprit s'est rangé;
Et pour jamais est prêt à s'y soumettre.
Vers 31
Tes ennemis m'ont cent fois outragé;
Mais nonobstant leur fureur si cruelle,
Pour toi, Seigneur, mon cœur n'a point changé;
Ta loi m'enflamme, et me paraît si belle,
Que je me lève à minuit, pour chanter
De ton saint nom la louange immortelle.
Vers 32
Je prends, Seigneur, plaisir à fréquenter
Ceux dont les jours se passent dans ta crainte,
Et qui tes lois veulent exécuter.
Par ta bonté, la terre en son enceinte
Ne laisse rien à l'homme à souhaiter;
Mais je me borne à ta doctrine sainte.
Vers 33
Sur moi, Seigneur, ta main a répandu
Mille bienfaits, me tenant ta promesse;
Toujours aussi je m'y suis attendu.
Éclaire-moi, soulage ma faiblesse;
Puisque déjà je m'avance avec foi
Dans le chemin où ta bonté m'adresse.
Vers 34
Tes châtiments m'ont ramené vers toi:
Auparavant j'errais à l'aventure;
Mais aujourd'hui je vis selon ta loi.
Ô Dieu, qui vois tous les maux que j'endure,
Et qui pour moi fus toujours si clément,
Veuille m'instruire en ta doctrine pure.
Vers 35
Mes envieux m'accusent faussement;
Par leurs discours ils m'outragent sans cesse;
Mais ta loi fait tout mon attachement.
Leur cœur séduit se fond dans la mollesse;
Et moi, Seigneur, je ne puis recevoir
De vrai plaisir, qu'en ta seule sagesse.
Vers 36
Le plus grand bien que je pouvais avoir,
Ce fut le mal dont j'eus l'âme pressée;
Avant cela j'ignorais mon devoir.
D'or ou d'argent l'abondance amassée
N'égale pas le bonheur de savoir
La loi qu'aux tiens ta bouche a prononcée.
Vers 37
Tes propres mains, ô grand Dieu, m'ont formé;
Fais que ta grâce et me guide, et m'éclaire,
Et qu'en ta loi non cœur soit confirmé.
Alors, Seigneur, celui qui te révère,
Si de ton bras je parais appuyé,
Prendra plaisir à voir que je prospère.
Vers 38
Avec raison ta main m'a châtié,
Je méritais ta sévère vengeance;
Mais ton amour ne m'a point oublié.
Viens donc, Seigneur, par ta grande clémence,
Me soutenir dans mon affliction;
C'est ta promesse, et c'est mon espérance.
Vers 39
Vois mes douleurs avec compassion,
Et je vivrai, moi qui de ta loi sainte
Ai toujours fait ma consolation.
Confonds, Seigneur, ceux qui n'ont point ta crainte;
Persécuté, j'ai mon recours à toi,
On me verra te révérer sans feinte.
Vers 40
Que tous les bons, rassemblés avec moi,
Prennent plaisir à ton divin service;
Qu'un même amour nous attache à ta loi.
Fais que toujours je t'offre en sacrifice
Une âme pure, un cœur rempli de foi;
Et qu'en t'aimant, jamais je ne rougisse.
Vers 41
J'attends, Seigneur, l'effet de ton secours;
À tant de maux ne puis-je voir l'issue?
Bientôt la mort va terminer mes jours.
Déjà lassé d'avoir en haut la vue,
J'ai dit, ô Dieu, quand auras-tu pitié
Du triste état de mon âme abattue?
Vers 42
Je suis flétri, tant je suis ennuyé,
Comme une fleur que le vent a ternie;
Mais de ta loi je n'ai rien oublié.
Quel terme enfin as-tu mis à ma vie;
Et quand ta main nous fera-t-elle voir
De ces méchants l'injustice punie?
Vers 43
Ils m'ont creusé, flattés d'un vain espoir,
Des puits profonds, par des ruses damnables,
Contre tes lois, et contre leur devoir.
Tes jugements sont toujours équitables;
Et puisqu'à tort je suis persécuté,
Fais-moi sentir tes bontés secourables.
Vers 44
Peu s'en fallut que leur malignité
N'eût le plaisir de ma ruine entière,
Sans que de toi je me sois écarté.
Rends-moi, Seigneur, ta céleste lumière;
Mon cœur alors, ravi de ta bonté,
Suivra tes lois jusqu'à l'heure dernière.
Vers 45
Dans ces hauts cieux, que tu formas jadis,
Se lit toujours visiblement gravée
La fermeté de tout ce que tu dis;
On l'a toujours d'âge en âge éprouvée.
Tu suspendis la terre dans les airs,
Où pour jamais sa place elle a trouvée.
Vers 46
Jusqu'à ce jour, par des ressorts divers,
Et sous les lois de ta sage conduite,
On voit encore subsister l'univers;
Et si mon âme aussi n'était instruite
À ne chercher qu'en ta loi son support,
C'en était fait, ma vie était détruite.
Vers 47
De tes statuts, dont je fais tout mon fort,
Avec plaisir la mémoire je garde;
Par eux ta main m'a tiré de la mort.
Je suis à toi, prends-moi donc sous ta garde,
Avec ardeur je suis ta volonté;
Et nuit, et jour, à toi seul je regarde.
Vers 48
On a souvent à ma vie attenté;
Et moi, toujours à ta pure doctrine,
De tout mon cœur, je me suis arrêté.
On ne voit rien que le temps ne ruine;
Tes ordres seuls ont de la fermeté,
Et leur vertu jamais ne se termine.
Vers 49
Ô que ta loi m'est un puissant secours!
Je la chéris d'un cœur rempli de zèle;
Je la médite et les nuits et les jours.
Elle m'éclaire; et ma conduite est telle,
Que je confonds mes plus fiers ennemis,
Parce qu'elle est ma compagne fidèle.
Vers 50
Ta grâce en moi ses plus grands dons a mis,
Et des docteurs je passe la science;
À tes statuts ayant l'esprit soumis,
Des plus âgés la longue expérience
Cède aux rayons dont tu m'as éclairé.
En m'élevant dans ta sainte alliance.
Vers 51
Des pas glissants je me suis retiré,
Et je tiendrai, si ta main me délivre,
Le droit chemin que tu m'as préparé.
Tes seuls édits sont ceux que je veux suivre;
Car, ô Seigneur, tu nous apprends par eux,
Comment l'on doit, et bien faire, et bien vivre.
Vers 52
Que ta parole est un bien précieux!
Dans sa douceur je me plais davantage
Qu'au goût du miel le plus délicieux.
Tes seuls conseils ont su me rendre sage;
Ils m'ont appris combien sont odieux
Tous les détours où le mensonge engage.
Vers 53
Ta vérité, comme un flambeau qui luit,
Me sert de guide; et sa vive lumière
Vient me montrer mon chemin dans la nuit.
Entends, Seigneur, mon ardente prière;
Je l'ai juré, je veux aimer toujours
Ta sainte loi d'un amour singulier.
Vers 54
Accorde-moi, Seigneur, un prompt secours;
Tu le promis, et je te le demande.
Je n'en puis plus; viens rassurer mes jours.
Daigne, Seigneur, recevoir mon offrande;
Je te la fais du cœur et de la voix;
Enseigne-moi ce que ta loi commande.
Vers 55
Ma triste vie est réduite aux abois,
Elle est sans cesse aux dangers exposée,
Sans que jamais j'aie oublié tes lois.
Sur mon chemin une fosse est creusée,
Mais nul péril ne peut m'épouvanter;
Et c'est ta loi qui rend ma route aisée.
Vers 56
Je l'ai choisie, et, loin de la quitter,
J'en fais mon fonds, mon plus riche héritage,
L'unique bien qui peut me contenter,
Sans que jamais mon esprit se partage.
Oui, dans tes sentiers je veux m'arrêter;
J'y veux toujours marcher avec courage.
Vers 57
Je n'eus jamais que de l'aversion
Pour le méchant, qui sans cesse t'offense;
Et ta loi fait toute ma passion.
Je t'ai choisi pour ma seule défense;
J'ai par ta grâce un asile chez toi;
Et ta promesse est ma ferme assurance.
Vers 58
Que les pervers s'éloignent donc de moi;
Qu'à nul faux bien mon esprit ne s'amuse;
Tout mon désir est de garder ta loi.
Ne permets pas qu'un vain espoir m'abuse.
Tu l'as promis, sois ô Dieu, mon soutien;
Et des méchants viens confondre la ruse.
Vers 59
Viens m'assister, je ne craindrai plus rien;
Si quelque mal me presse ou me menace,
Ta loi sera mon unique entretien.
Tes ennemis s'éloignent de ta face;
Mais tôt ou tard, aux pieds tu fouleras
Ces obstinés indignes de ta grâce.
Vers 60
Comme l'écume, au feu tu jetteras
Tous ces méchants dont le cœur t'abandonne;
Et leur orgueil un jour tu confondras.
Déjà, Seigneur, ta vengeance m'étonne;
Je vois les coups qui partent de ton bras,
Et de frayeur tout le corps m'en frissonne.
Vers 61
Tu sais, ô Dieu, que j'aime l'équité;
Souffrirais-tu que je fusse la proie
De ceux qui m'ont à tort persécuté?
Qu'en ma faveur ton secours se déploie;
Prends ma querelle, et confonds hautement
De l'orgueilleux la criminelle joie.
Vers 62
Mes yeux sont las d'attendre vainement,
D'où me viendra l'appui que je souhaite,
Et que tu m'as promis si saintement.
Que ta justice avec douceur me traite;
Rends-moi ta grâce, et fais-moi recevoir
De tes statuts la science parfaite.
Vers 63
Je suis à toi; remplis-moi de savoir;
Et fais qu'enfin, par ta bonté propice,
Tes hauts secrets je puisse concevoir.
Qu'aux yeux de tous éclate ta justice;
Ces insensés abolissent ta loi;
Et rien ne peut réprimer leur malice.
Vers 64
Tu vois mon cœur; tu sais, mon Dieu, mon Roi,
Que plus que l'or, ou qu'autre chose exquise,
Tes ordres saints sont estimés de moi.
Plus qu'un trésor je les aime et les prise;
Ils sont la règle et l'objet de ma foi;
J'ai détesté toute injuste entreprise.
Vers 65
Dans tes édits, Seigneur, sont contenus
Tes grands secrets, ta sagesse profonde;
Aussi toujours je les ai retenus.
Oui, dans ta loi tant de lumière abonde,
Que dès l'abord on en est éclairé,
Et qu'elle instruit les plus simples du monde.
Vers 66
Avec ardeur j'ai toujours aspiré
À t'obéir, au bonheur de te plaire,
Et constamment mon cœur l'a désiré.
Avec pitié regarde ma misère;
Et, comme à ceux qui t'ont donné leur cœur,
Fais-moi sentir ta grâce salutaire.
Vers 67
Conduis mes pas, préserve-moi d'erreur;
Que ton esprit jamais ne m'abandonne,
Et que le mal ne soit pas mon vainqueur.
Vois le danger qui partout m'environne;
Délivre-moi de cette adversité,
Et je ferai ce que ta loi m'ordonne.
Vers 68
Montre à mes yeux ta divine clarté;
Daigne m'instruire, et fais-moi bien comprendre
Tes règlements, ta sainte volonté.
L'excès des pleurs que l'on me voit répandre,
Vient du dépit dont je suis transporté,
De voir qu'en vain ta voix se fait entendre.
Vers 69
On te voit juste en tes commandements;
Juste en tes faits, Seigneur, quoique tu fasses;
L'équité règne en tous tes jugements.
Tu veux aussi qu'on marche sur les traces
Que nous marqua ta ferme et juste loi;
Et le pécheur doit craindre tes menaces.
Vers 70
Mais je m'afflige, ô Dieu, lorsque je vois,
Par ces méchants, ta parole oubliée,
Sans nul respect, sans nul égard pour toi.
Elle est si sainte, et si purifiée,
Que j'en ai fait toute ma passion,
Et qu'à l'aimer ma vie est dédiée.
Vers 71
Dans mes travaux, dans mon affliction,
Quelle que soit ma peine et ma souffrance,
Ta loi sera ma consolation.
À ta promesse est jointe la constance;
Et d'âge en âge, on voit ta vérité
Se confirmer dans ta sainte alliance.
Vers 72
De toutes parts je suis persécuté,
Et l'on dirait que ma perte est jurée;
Mais tes édits règlent ma volonté.
Ta parole est d'éternelle durée;
Viens me l'apprendre, ô Dieu plein de bonté,
Je jouirai d'une vie assurée.
Vers 73
De tout mon cœur j'élève à toi ma voix;
Sois favorable à ma juste demande,
Et je ferai ce qu'ordonnent tes lois.
Je te réclame, et te fais mon offrande;
Sauve-moi donc; je saurai maintenir
Le culte saint que ta loi nous commande.
Vers 74
Combien de fois m'as-tu vu prévenir
Le point du jour, quand je prie ou médite,
De tes leçons gardant le souvenir?
Quand le guet passe, et les quartiers visite,
Je veille encore, et j'ai les yeux ouverts
Sur cette loi que tu nous as prescrite.
Vers 75
Entends ma voix dans mes tourments divers,
Et rétablis mes forces qui languissent.
Par ta bonté, garde-moi des pervers;
Leur troupe approche, et leurs mains me saisissent,
Pendant qu'en eux règne l'iniquité,
Et que toujours ils te désobéissent.
Vers 76
Mais tu te tiens sans cesse à mon côté,
Toujours propice et toujours secourable,
Toujours le même en ta fidélité.
Ton alliance est ferme et immuable;
Aussi jamais mon cœur n'en a douté,
Le fondement en est inébranlable.
Vers 77
Regarde, ô Dieu, l'état où je me vois;
Mets quelque fin à ma peine mortelle,
Puisque jamais je n'oubliai ta loi.
Protège-moi dans ma juste querelle;
Fais-moi revivre; et viens me secourir,
Pour dégager ta promesse fidèle.
Vers 78
De tes édits nul ne veut s'enquérir;
Mais les méchants éprouvent ta vengeance;
Et, tôt ou tard, tu les feras périr.
Pour moi, Seigneur, j'espère en ta clémence;
Aime-moi donc, comme tu m'as aimé,
Et, pour ton nom, hâte ma délivrance.
Vers 79
À tes statuts mon cœur accoutumé
Les suit toujours, bien que je sois la proie
De tout un peuple, à ma perte animé.
Je meurs, hélas! lorsqu'il faut que je voie
Tous ces ingrats oser si lâchement
De ton salut abandonner la voie.
Vers 80
J'aimai toujours ton saint commandement;
Jette sur moi quelque regard propice,
Et soutiens-moi dans cet accablement.
Que ta parole, ô grand Dieu, s'accomplisse,
Comme il arrive indubitablement
De tout arrêt donné dans ta justice.
Vers 81
Des grands, à tort, je suis persécuté;
Mais je crains peu leur injuste puissance;
Tes jugements m'ont seuls épouvanté.
J'ai plus de joie et plus de confiance
Par tes conseils, que si j'avais trouvé
Quelque trésor d'une richesse immense.
Vers 82
Je hais la fraude; et j'ai bien éprouvé
Que c'est ta loi qui rend l'âme contente;
Je trouve en elle un bonheur achevé.
Sept fois le jour à ton honneur je chante;
Louant toujours les ordres merveilleux
Dont nous instruit ta vérité constante.
Vers 83
Un doux repos est réservé pour ceux
Qui sont soumis à ta loi souveraine,
Et tout s'accorde à répondre à leurs vœux.
C'est toi, Seigneur, qui peux finir ma peine;
Aussi ta loi sera mon seul objet,
Mon guide sûre, et ma règle certaine.
Vers 84
À ta loi sainte entièrement sujet,
J'ai résolu de l'aimer, et d'en faire
Ma seule étude et mon bonheur parfait:
À la garder je veux toujours me plaire.
Seigneur, qui vois ce que mon cœur promet,
Tu fais aussi que mon zèle est sincère.
Vers 85
Fais que mon cri puisse aller jusqu'à toi;
Accorde-moi le don d'intelligence;
Tu l'as promis; Seigneur, exauce-moi.
Que ma prière arrive en ta présence;
Tends-moi la main dans mon adversité,
Comme ta voix m'en donne l'espérance.
Vers 86
Ma bouche, ô Dieu, prêchera ta bonté,
Si, m'exauçant, tu m'accordes la grâce
De bien savoir ta sainte volonté.
De l'ennemi méprisant la menace,
Je parlerai, je dirai hautement,
Que de ta loi je veux suivre la trace.
Vers 87
Daigne, Seigneur, daigne donc promptement,
Pour mon secours, ta forte main étendre;
Car je m'attache à ton commandement.
C'est de toi seul que je veux tout attendre;
Et, désormais, mon unique plaisir
Sera celui qu'en ta loi je veux prendre.
Vers 88
Si j'ai de vivre encore quelque désir,
C'est pour ta gloire; et mon âme éclairée,
Pour son objet veut toujours la choisir.
Hélas! je suis la brebis égarée;
De me chercher, Seigneur, prends le loisir,
Car dans le cœur ta loi m'est demeurée.